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Presqu'île de Crozon, Aulne maritime, Châteaulin Devis sous 24 h auprès d'artisans du Finistère

Les quatre désordres de l'humidité

Ce qu'on appelle l'humidité recouvre quatre mécanismes distincts. Les confondre conduit à traiter le mauvais problème, parfois à l'aggraver. Voici comment les distinguer.

La plupart des désordres qu'on attribue à « l'humidité » ont des causes précises et différentes les unes des autres. Les confondre conduit à traiter le mauvais problème, parfois à l'aggraver. Voici les quatre mécanismes qu'on rencontre sur la presqu'île, comment les distinguer, et ce que chacun impose avant d'isoler.

Désordre 1 : la condensation de surface

Ce que vous voyez. Des moisissures noires dans les angles de murs, derrière les meubles, autour des fenêtres. De la buée persistante sur les vitrages. Une odeur de renfermé dans les pièces peu ventilées.

Le mécanisme. L'air d'un logement contient de la vapeur d'eau produite par les occupants : respiration, douches, cuisine, séchage du linge. Une famille de quatre personnes en libère plusieurs litres par jour. Quand cet air rencontre une surface froide, la vapeur redevient liquide. Les angles et les ponts thermiques sont toujours les premiers touchés, parce qu'ils sont les points les plus froids de la paroi.

Ce qu'il faut faire. Deux choses ensemble : supprimer les points froids en isolant, et évacuer la vapeur en ventilant. Isoler sans ventiler déplace le problème vers le point froid suivant. Ventiler sans isoler laisse les parois froides. Une VMC hygroréglable en état de marche coûte 900 à 1 800 € posée, et c'est le préalable, pas l'accessoire.

Le test qui ne coûte rien. Plaquez une feuille de papier contre la bouche d'extraction de la salle de bains. Elle doit tenir seule. Si elle tombe, votre VMC n'aspire pas.

Désordre 2 : la condensation dans la paroi

Ce que vous voyez. Rien, pendant longtemps. Puis un isolant tassé et lourd quand on ouvre une cloison, du bois de charpente noirci, des taches au plafond sous les rampants.

Le mécanisme. La vapeur d'eau ne s'arrête pas à la surface : elle migre à travers les parois vers l'extérieur. Si elle rencontre un point suffisamment froid à l'intérieur de la paroi, elle y condense. C'est le point de rosée mal placé. Bien isolée, une paroi repousse ce point vers l'extérieur où l'eau s'évacue. Mal isolée, elle le coince au milieu de l'isolant ou de la maçonnerie, sans issue.

La règle qui gouverne tout. Une paroi doit être plus étanche à la vapeur du côté chaud que du côté froid. Freiner l'entrée côté intérieur, laisser sortir côté extérieur. Toute construction qui inverse ce rapport piège l'eau.

Ce qu'il faut faire. En rampants, poser un frein-vapeur hygrovariable continu côté chauffé, lés recouverts et collés, toutes les traversées traitées. En combles perdus soufflés, il n'y a en général pas de membrane : la sécurité vient de la ventilation du comble, ce qui explique pourquoi boucher les entrées d'air en bas de pente est la faute la plus grave de ce chantier.

Pourquoi le risque est plus élevé ici

Dans une région sèche, une paroi qui a pris l'eau sèche entre deux épisodes de pluie. Sur la presqu'île, l'humidité relative extérieure reste élevée pendant des semaines et le séchage ne se fait pas. Sur une maison fermée d'octobre à avril, s'ajoute le fait que rien n'est chauffé et que personne ne voit rien. Un désordre de paroi peut évoluer trois ou quatre hivers avant d'être découvert.

Désordre 3 : les remontées capillaires

Ce que vous voyez. Une bande d'humidité à trente ou soixante centimètres du sol, jamais plus haut. Des efflorescences blanches poudreuses, le salpêtre. Des plinthes qui se décollent, un papier peint qui se détache par le bas, un carrelage qui sonne creux.

Le mécanisme. L'eau du sol monte dans la maçonnerie par les pores de la pierre et du mortier, comme dans un buvard. Le phénomène concerne surtout le bâti ancien construit sans coupure de capillarité, et il s'aggrave quand une dalle béton a été coulée directement sur le sol naturel sans hérisson drainant ni film, ce qui est fréquent dans les longères réhabilitées entre 1970 et 1990.

Ce qu'il faut faire, dans l'ordre. Traiter la cause avant d'isoler. Selon le diagnostic : drainage périphérique, reprise du sol avec hérisson ventilé, ou barrière d'étanchéité par injection dans le mur. Ensuite seulement, isolation.

Ce qu'il ne faut surtout pas faire. Poser un doublage contre un mur qui prend l'eau par le bas. L'humidité se retrouve enfermée derrière l'isolant, la laine se gorge, perd sa performance, et les moisissures s'installent à un endroit invisible. On découvre le désordre des années plus tard, en ouvrant la cloison.

Désordre 4 : l'infiltration par la façade

Ce que vous voyez. Des taches d'humidité en plein mur, sans lien avec le sol, souvent sur une seule orientation. Elles apparaissent après un épisode de pluie et de vent, puis s'atténuent.

Le mécanisme. Sur la presqu'île, la pluie n'arrive pas verticalement, elle est plaquée contre le mur par le vent d'ouest. Une microfissure d'enduit qui serait sans conséquence à l'intérieur des terres devient ici un point d'entrée permanent. S'y ajoute le sel, déposé par les embruns, qui retient l'humidité en surface et empêche le séchage.

Ce qu'il faut faire. Reprendre l'étanchéité de la façade avant d'isoler. Si un enduit ciment recouvre un mur ancien, il fait partie du problème : imperméable, il empêche le mur de sécher vers l'extérieur alors qu'il continue de prendre l'eau. Le remplacer par un enduit à la chaux perméable est la première étape.

Si vous isolez par l'extérieur, seul le bardage ventilé traite correctement ce cas : la lame d'air derrière le parement draine l'eau qui a traversé et laisse sécher. Un enduit mince sur polystyrène, sur une façade battue, ne fait que retarder le problème.

Le cas des murs en schiste et grès

Le bâti ancien de la presqu'île est fait de moellons hourdés à la chaux ou à la terre, sur 50 à 70 cm d'épaisseur. Ces murs sont capillaires actifs : ils absorbent l'eau, la stockent, la restituent. Cet équilibre les maintient sains depuis parfois deux siècles.

Trois interventions le cassent, et on les rencontre constamment :

  • Un enduit ciment extérieur, posé dans les années 1960 à 1980. Le mur ne sèche plus vers l'extérieur.
  • Un doublage polystyrène avec pare-vapeur étanche à l'intérieur. Le mur ne sèche plus vers l'intérieur non plus.
  • Une dalle béton sans coupure de capillarité. L'eau du sol monte en permanence.

Les bonnes réponses sont perspirantes : enduit à la chaux dehors, chaux-chanvre ou fibre de bois dedans, avec une lame d'air ventilée quand on pose sur ossature. On vise R = 1,5 à 2,5, ce qui supprime l'effet de paroi froide sans étouffer le mur. C'est moins performant sur le papier qu'une isolation à R = 3,7, et c'est le seul choix qui ne détruit pas la maçonnerie.

Le confort d'été, sujet récent

La presqu'île n'a pas de problème de surchauffe historique. Les étés récents ont changé cela sous les combles aménagés, en particulier sur les toitures exposées sud et ouest. À résistance thermique égale, un isolant dense et lourd, ouate de cellulose ou fibre de bois, retarde de dix à treize heures la pénétration de la chaleur, là où une laine minérale légère la laisse passer en quatre ou cinq. Sur des maisons occupées précisément en juillet et août, ce critère prime souvent sur le reste.

Pour l'application en combles, voir le guide des combles perdus et l'isolation des combles aménageables. Pour le choix du matériau, voir quel isolant pour vos combles.

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